
photo de Jean Durand - tous droits réservés.
EPISODE 4
Chapitre 1
premier sous-sol
répressions
La loi
La porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une rue sombre mais pleine de petits troquets et une multitude de sex-shops devant lesquels déambulaient des prostituées. Des fenêtres des immeubles nous parvenaient à intervalles irréguliers des bruits de disputes accompagnés de cris et d’injures de toutes sortes. De temps à autre on pouvait entendre un coup de feu, s’ensuivait la sirène d’une voiture de police. A l’apparition des forces de l’ordre, les femmes prostituées disparaissaient dans les recoins sombres des immeubles qui les avalaient. Une incroyable agitation régnait dans un air enfumé et gras. Cette fois je réalisais que j’allais entrer dans le vif du sujet. Watson me lança, en maintenant la porte de l’ascenseur ouverte :
WATSON
Bon, maintenant sois prudent, vas y c'est à toi… Allez courage.
LEONARDO
Vous ne m’accompagnez pas ?
WATSON
C’est ton histoire, tu n’as pas à avoir peur, ne laisse pas tes pensées t ‘envahir, avance et sens ce que tu fais et où tu vas. On se reverra sois en sûr. Méfie toi de tes pensées. N’interprète pas, regarde et passe.
Il disparut dans l’ascenseur. Je m’engageai dans cette rue inquiétante. Au moment où je passais devant un sex-shop, une femme prostituée d’une grande beauté m’aborda :
LA FEMME
Tu aimes les belles femmes ?
Je n’eus pas le temps de répondre qu'une main s’abattit fermement sur mon épaule gauche, et me fit faire volte-face. Je me retrouvai en face d’un policier à la mine patibulaire :
LE POLICIER
Tes papiers !
Il se tenait droit devant moi me menaçant du regard. Sa corpulence imposante m'incita à obtempérer. J’ôtai mon sac à dos de mes épaules et je l’ouvris.
LEONARDO
Un instant s’il vous plaît
Je tirai du sac la pochette dans laquelle j’avais glissé mes papiers, j’en sortis ma carte d’identité que je tendis au policier.
LE POLICIER
Etranger… encore un, ta carte de séjour, allons plus vite…
LEONARDO
Ma carte de séjour ? Mais je ne savais pas…
LE POLICIER
C’est ça, pas de carte de séjour, allez suis moi.
LEONARDO
Mais …
LE POLICIER
On ne discute pas.
Après m’avoir menotté sans ménagement, je fus embarqué dans une voiture de police et conduit avec brutalité dans un lieu sordide, un poste de police. A l’intérieur, en face du bureau principal s’alignaient plusieurs cellules d’où sortaient des injures et des plaintes. Sans le moindre ménagement, je fus jeté dans l’une d’elles.
LE POLICIER
Tu vas attendre là.
LEONARDO
Mais je n’ai rien fait
LE POLICIER
Je connais la chanson, ici personne n’a jamais rien fait.
LEONARDO
Puisque je vous dis que je ne savais pas…
LE POLICIER
Tu expliqueras ça au juge.
L’attente me parut interminable. Une odeur d’urine séchée imprégnait l’espace que j’occupais. Des autres cellules parvenaient des cris et des plaintes de femmes et d’hommes. Je me demandai ce que faisait pendant ce temps le docteur Watson. Qu’attendait il de moi en me laissant seul dans ce monde de plus en plus hostile. Pendant que j’essayais de comprendre ce qui m’arrivait. La porte de la cellule s’ouvrit et le policier qui m’avait interpellé avec tant de délicatesse, me secoua de sa main aux doigts rudes, qui le caractérisait.
LE POLICIER
Allez debout ! Monsieur le juge t’attend.
Après m’avoir mis des menottes il me poussa hors de la cellule et nous commençâmes la traversée d’immenses couloirs. Cette traversée me fit penser à un univers kafkaïen : des bureaux s’alignaient de chaque côté, en forme de petites cellules où des personnes entraient des données dans leur ordinateurs. Univers froid et glacial.
LE POLICIER
Surtout ne fais pas le mariole. Avant le juge, on doit d’abord te faire une petite séance photo et relever tes empreintes génétiques. Cette fois mon gars tu ne pourras plus nous échapper, tu vas être définitivement fiché.
Il me conduisit dans une sorte de laboratoire où j’étais visiblement attendu. On commença par la séance photo, face, profil. Puis la prise d’empreintes digitale et génétique. J’avais l’humiliante impression de n’être plus qu’une chose à leur disposition. On m’aurait tiré une balle dans la tête à ce moment là, que ça ne m’aurait pas surpris.
LE POLICIER
Allez bouge toi, direction chez monsieur le juge.
Nous retraversâmes les couloirs jusqu’à la porte du juge. Il sonna. La voix forte et grave du juge nous invita à entrer. Les menottes me serraient douloureusement les poignets. J’entrai avec une appréhension grandissante. Pour la première fois je compris que mon voyage n’allait pas être de tout repos et que je risquais fort de regretter mon goût pour les secrètes choses.
Chapitre 1
premier sous-sol
répressions
La loi
La porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une rue sombre mais pleine de petits troquets et une multitude de sex-shops devant lesquels déambulaient des prostituées. Des fenêtres des immeubles nous parvenaient à intervalles irréguliers des bruits de disputes accompagnés de cris et d’injures de toutes sortes. De temps à autre on pouvait entendre un coup de feu, s’ensuivait la sirène d’une voiture de police. A l’apparition des forces de l’ordre, les femmes prostituées disparaissaient dans les recoins sombres des immeubles qui les avalaient. Une incroyable agitation régnait dans un air enfumé et gras. Cette fois je réalisais que j’allais entrer dans le vif du sujet. Watson me lança, en maintenant la porte de l’ascenseur ouverte :
WATSON
Bon, maintenant sois prudent, vas y c'est à toi… Allez courage.
LEONARDO
Vous ne m’accompagnez pas ?
WATSON
C’est ton histoire, tu n’as pas à avoir peur, ne laisse pas tes pensées t ‘envahir, avance et sens ce que tu fais et où tu vas. On se reverra sois en sûr. Méfie toi de tes pensées. N’interprète pas, regarde et passe.
Il disparut dans l’ascenseur. Je m’engageai dans cette rue inquiétante. Au moment où je passais devant un sex-shop, une femme prostituée d’une grande beauté m’aborda :
LA FEMME
Tu aimes les belles femmes ?
Je n’eus pas le temps de répondre qu'une main s’abattit fermement sur mon épaule gauche, et me fit faire volte-face. Je me retrouvai en face d’un policier à la mine patibulaire :
LE POLICIER
Tes papiers !
Il se tenait droit devant moi me menaçant du regard. Sa corpulence imposante m'incita à obtempérer. J’ôtai mon sac à dos de mes épaules et je l’ouvris.
LEONARDO
Un instant s’il vous plaît
Je tirai du sac la pochette dans laquelle j’avais glissé mes papiers, j’en sortis ma carte d’identité que je tendis au policier.
LE POLICIER
Etranger… encore un, ta carte de séjour, allons plus vite…
LEONARDO
Ma carte de séjour ? Mais je ne savais pas…
LE POLICIER
C’est ça, pas de carte de séjour, allez suis moi.
LEONARDO
Mais …
LE POLICIER
On ne discute pas.
Après m’avoir menotté sans ménagement, je fus embarqué dans une voiture de police et conduit avec brutalité dans un lieu sordide, un poste de police. A l’intérieur, en face du bureau principal s’alignaient plusieurs cellules d’où sortaient des injures et des plaintes. Sans le moindre ménagement, je fus jeté dans l’une d’elles.
LE POLICIER
Tu vas attendre là.
LEONARDO
Mais je n’ai rien fait
LE POLICIER
Je connais la chanson, ici personne n’a jamais rien fait.
LEONARDO
Puisque je vous dis que je ne savais pas…
LE POLICIER
Tu expliqueras ça au juge.
L’attente me parut interminable. Une odeur d’urine séchée imprégnait l’espace que j’occupais. Des autres cellules parvenaient des cris et des plaintes de femmes et d’hommes. Je me demandai ce que faisait pendant ce temps le docteur Watson. Qu’attendait il de moi en me laissant seul dans ce monde de plus en plus hostile. Pendant que j’essayais de comprendre ce qui m’arrivait. La porte de la cellule s’ouvrit et le policier qui m’avait interpellé avec tant de délicatesse, me secoua de sa main aux doigts rudes, qui le caractérisait.
LE POLICIER
Allez debout ! Monsieur le juge t’attend.
Après m’avoir mis des menottes il me poussa hors de la cellule et nous commençâmes la traversée d’immenses couloirs. Cette traversée me fit penser à un univers kafkaïen : des bureaux s’alignaient de chaque côté, en forme de petites cellules où des personnes entraient des données dans leur ordinateurs. Univers froid et glacial.
LE POLICIER
Surtout ne fais pas le mariole. Avant le juge, on doit d’abord te faire une petite séance photo et relever tes empreintes génétiques. Cette fois mon gars tu ne pourras plus nous échapper, tu vas être définitivement fiché.
Il me conduisit dans une sorte de laboratoire où j’étais visiblement attendu. On commença par la séance photo, face, profil. Puis la prise d’empreintes digitale et génétique. J’avais l’humiliante impression de n’être plus qu’une chose à leur disposition. On m’aurait tiré une balle dans la tête à ce moment là, que ça ne m’aurait pas surpris.
LE POLICIER
Allez bouge toi, direction chez monsieur le juge.
Nous retraversâmes les couloirs jusqu’à la porte du juge. Il sonna. La voix forte et grave du juge nous invita à entrer. Les menottes me serraient douloureusement les poignets. J’entrai avec une appréhension grandissante. Pour la première fois je compris que mon voyage n’allait pas être de tout repos et que je risquais fort de regretter mon goût pour les secrètes choses.

Chapitre 2
Le juge
Je fus surpris et impressionné par la stature du juge. Il se tenait assis derrière un large bureau en métal. C’était un homme imposant d’une cinquantaine, avec de larges épaules, une barbe bien taillée, des sourcils épais et un regard emprunt d’une sorte de cruauté à vous glacer le sang. Je me sentis en danger.
LE JUGE
Assis !
Le policier me fit asseoir. Le juge se leva et s’approcha de moi, me dévisageant avec insistance, puis il s’assit sur le coin de son bureau en me faisant face.
LE JUGE
Maintenant je veux tout savoir, tout !
LEONARDO
Le juge
Je fus surpris et impressionné par la stature du juge. Il se tenait assis derrière un large bureau en métal. C’était un homme imposant d’une cinquantaine, avec de larges épaules, une barbe bien taillée, des sourcils épais et un regard emprunt d’une sorte de cruauté à vous glacer le sang. Je me sentis en danger.
LE JUGE
Assis !
Le policier me fit asseoir. Le juge se leva et s’approcha de moi, me dévisageant avec insistance, puis il s’assit sur le coin de son bureau en me faisant face.
LE JUGE
Maintenant je veux tout savoir, tout !
LEONARDO