
photo de Jean Durand - tous droits réservés.
Episode 2
Chapitre 1épart
le départ
Watson m’appela le jeudi 7 avril précédant le dimanche de pâques, alors que j’étais tout absorbé par l’écriture d’un texte de chanson. Sans aucun préambule il me demanda :
WATSON
Es-tu prêt ?
LEONARDO
Je n’y croyais plus…
WATSON
Déjà ?
LEONARDO
L’attente était trop longue, je me suis demandé…
WATSON
Si peu de choses ont déjà entamé ton désir. C'est maintenant que tout commence pour toi, d'ailleurs c'est toujours maintenant que tout commence. Viens me rejoindre à mon cabinet dans une heure, j’espère que tu as fait comme je t'ai demandé. Tu ne pourras plus revenir en arrière.
LEONARDO
Entendu, on se retrouve dans une heure.
Son appel réveilla mon inquiétude. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il voulait dire par « tu ne pourras plus revenir en arrière ». Je refis mon sac à dos que j’avais défait entre temps, et vérifiai que j’emportai bien le strict nécessaire, sans savoir réellement quelles seraient les choses nécessaires dans ce voyage inconnu. Je devais m’attendre à tout. Une fois mes affaires rangées, je mis mon sac sur mes épaules et quittai mon appartement non sans avoir jeté un dernier regard sur ce lieu que je n'allais peut-être jamais revoir.
Ce matin d’avril, je m’empressai d’aller rejoindre le docteur. Je le retrouvai à l’écriture d’une œuvre qu’il ferait sans doute publier dans les mois prochains. J’entrai silencieusement et me déchargeai de mon sac. Il avait ouvert sa fenêtre. Le bruit des voitures venait rompre son silence studieux. Rien ne semblait le distraire de son travail. Le rayon de soleil qui entrait dans son bureau aurait fait le bonheur d’un peintre qui en aurait saisi le jeu sur l’ombre du docteur en pleine inspiration. Je m’appliquai à faire le moins de bruit possible, ce qui me demandait une attention soutenue. En l’observant je me demandais ce qu’il savait réellement des mondes secrets. Sa main reposa le stylo sur les mots qu’il venait de coucher sur le papier.
WATSON
Ils n’entreront pas au paradis avec leurs bottes. Ah Claire, toi qui me guides en ces lieux sublimes, comme ils sont loin de cet Amour que tu nourris dans mon cœur.
Il releva la tête et poursuivit en me regardant
Je vais bientôt achever l’écriture de mon nouveau roman Léonardo. La dernière partie de « l’équilibre du fou » l’œuvre de ma vie. Je pourrai quitter ce monde en paix, mais je crains que les hommes ne détruisent un jour cette terre, je le crains. Ce que je vois et entends ne présage rien de bon. De la conscience Léonardo, il faut y mettre encore plus de conscience. L’humanité dort… Es-tu prêt pour les choses secrètes ?
LEONARDO
Mais vous m’avez dit…
WATSON
Ce que je t’ai dit reste toujours valable, n’attends rien de moi, c’est par ton expérience et par elle seule que tu entreras dans la connaissance de ces choses. Mais je peux si tu le désires toujours, te mener devant les portes de la cité du feu.
LEONARDO
Elles existent ?
WATSON
Je te conduirai devant elles, ensuite tu décideras par toi même. Personne ne t’obligera à les franchir, mais prends garde, une fois passées ces portes, tu seras livré à ton seul courage et à ta raison. Fies toi à ton discernement. Tu rencontreras toujours la bonne personne au bon moment, encore faut-il que tu en aies conscience. Du discernement Léonardo et ne t’attardes pas, vois et passe, le monde que tu découvriras est bien ton monde. Veux-tu toujours aller dans cette cité ?
LEONARDO
Si vous en êtes revenu, en suivant vos conseils, j’y parviendrai, comme vous.
WATSON
Peut-être bien jeune homme, mais il n’y aura jamais qu’un seul et unique Watson. Ta curiosité pourrait t’être fatale, mais j’estime qu’il est temps pour toi d’affronter ces choses. Quoiqu’il arrive reste bien centré, ne relâche à aucun moment ton effort, les épreuves ne manqueront pas… trêve de bavardages partons.
LEONARDO
Maintenant ?
WATSON
Tu recules déjà ?
LEONARDO
Je n’ai prévenu personne.
WATSON
Plus rien n'a d'importance en dehors de ce voyage.
LEONARDO
Alors, je suis prêt.
Après avoir rangé ses affaires il me conduisit vers la porte, et nous quittâmes son cabinet pour prendre l’ascenseur qui devait nous mener dans le sous-sol où se trouvait sa voiture.
Sur la route, je regardai s’éloigner progressivement la ville et sa rumeur. La voiture roulait tranquillement sur l’autoroute. Nous ne disions rien. Mes yeux regardaient vaguement le défilement des voitures. Je n’avais plus que cette cité du feu dans la tête. D’après la description qu’il en avait faite dans son livre, je savais qu’elle était dangereuse et qu’on n’y entrait pas si facilement.
Après un temps qui m'a paru interminable, s’éleva devant nos yeux une forêt de métal. L’apparition de ces étranges tours fut soudaine, comme surgie de nulle part. Elles étaient semblables à des pieux fichées dans le sol. Chose curieuses elles ne présentaient aucune ouverture, ni fenêtres ni portes. Watson arrêta la voiture :
WATSON
Ce que tu vois devant toi est le commencement de ton voyage. Regardes ces tours, elles sont aveugles, toute les ouvertures sont dans la terre, tout se passe dans la partie souterraine, et crois moi, elles s'enfoncent bien profondément comme des icebergs.

LEONARDO
C'est bien la première fois que je vois un paysage pareil?
WATSON
Il ne figure sur aucune carte. Il appartient à chacun de le chercher. mais tous ceux qui cherchent n'y arrivent pas forcément. rien n'est jamais programmé à l'avance, c'est le prix de la liberté, tout se déroule toujours maintenant, ni passé, ni futur...mais assez de bavardage.
LEONARDO
Mais comment y entre t-on dans cette cité?
WATSON
Le seul accès possible se situe dans la tour noire qui se trouve au bout de l'allée centrale. Cette ouverture ne se révèle qu'à ceux qui ont fait le choix que tu viens de faire. Tu le sauras quand tu arriveras devant la tour. Il est encore temps pour toi de rebrousser chemin. Réfléchis bien Léonardo, après il sera trop tard. tu veux toujours y aller?
LEONARDO
Oui.
WATSON
Alors suis moi.
Il m’invita à sortir de la voiture et nous nous dirigeâmes vers cette forêt d qui ne laissait rien présager de bon.

Chapitre 2
la porte de la cité de feu
La porte
Watson m’invita à m’engager dans la rue qui menait tout droit dans cette cité sans vie. Je l’interrogeai du regard, inquiet de devoir me retrouver seul au milieu de ces immeubles sordides.
WATSON
A toi de jouer, prends cette rue qui te conduira tout droit vers une tour plus noire que les autres, n’aies pas peur, à partir de maintenant, garde bien tes yeux ouverts et sois bien dans tout ce que tu fais, c’est pour toi le seul moyen de sortir vivant de cette aventure.
Comme je demeurai quelque peu hésitant, il s’impatienta :
WATSON
Allez ! qu’attends-tu ?
J’avançai dans la rue qu’il m’avait indiqué, elle semblait s’enfoncer dans un monde sans lumière. L’angoisse me saisit. Je me retournai pour cueillir dans les yeux du docteur un brin de réconfort, mais je dus me rendre à l’évidence, Watson avait disparu, plus aucun signe de sa présence, j’étais bien seul, livré à mes propres ressources que j’allais devoir mobiliser sans tarder.
Contrairement à ce qu’on pouvait imaginer en la voyant si dense, cette cité semblait n’abriter aucune vie, hormis ces immeubles gigantesques. Seul le bruit de mes pas accompagnait ma marche lugubre. Je ne voulais, à aucun moment laisser le moindre doute s’emparer de ma pensée. J’étais bien décidé à suivre les indications du docteur.
Comme je m’enfonçais dans une sombre rue, j’entendis une voix murmurer mon nom, je me retournai, personne, le métal qui m’entourait se taisait. Je rebroussai chemin, et voulus prendre mes jambes à mon cou. Soudain, une femme toute habillée de cuir noir et la poitrine dévêtue vint me barrer la route. Elle se mit à rire en me jetant un regard langoureux, je reculai tout en la dévisageant, elle était fine et belle, son aspect félin et sa manière de m’entreprendre me firent comprendre qu’elle m’entraînait dans un piège. Je me remis en chemin en précipitant mon pas et en concentrant toute mon attention sur chacun d'eux, j'avais l'étrange sentiment que tant que je restai en contact étroit avec moi dans l'instant, rien de néfaste ne pouvait m'arriver. Je retrouvai peu à peu mon calme, et l’étrange créature qui n’avait cessé de me suivre s’évanouit comme par enchantement.
A l’intersection d’une rue apparut alors un homme d’une stature impressionnante, il exhibait une musculature qui me fit craindre le pire. Il s’avança lentement vers moi, la tête haute et vociférant quelques injures à mon encontre. Je reculai et cherchai un moyen d’échapper à une agression certaine. Plus je reculai plus cela semblait lui donner du pouvoir. Reprenant mes esprits, je décidai de lui faire face et de l’affronter. Comme j’avançai vers lui en le regardant bien dans les yeux, de plus en plus sûr de moi, il finit par me tourner autour tel un chien flairant un étranger, et s’en retourna dans la rue d’où il était venu.
Je poussai un soupir de soulagement. Mais à peine m’étais-je un moment détendu qu’un hurlement me saisit d’effroi, il venait de derrière. Je n’eus pas le temps de me retourner qu’une main ferme me saisit violemment l’épaule droite et me fit faire volte face. Je poussai un cri en voyant mon agresseur, c’était un homme dont le visage était d’une maigreur et d’une pâleur cadavérique, ses yeux enfoncés dans ses orbites dégageaient une cruauté à faire frémir le plus courageux des hommes. Je reculai violemment et me préparai à me défendre. Cette fois je sentis qu’il me fallait de l’aide, que seul devant ce monstre, je n’allais pas faire le poids. Comme je faisais appel à ma raison, Watson me rejoignit. Je compris qu’il venait me tirer d’affaire. Mon sinistre agresseur recula en le voyant. Après m’avoir jeté un dernier regard, il poussa un cri de rage et m’abandonna au docteur.
LEONARDO
Je vous remercie, sans votre intervention j’étais perdu.
WATSON
Ecoute moi bien, le voyage que tu t’apprêtes à faire, je l’ai fait. J’en connais tous les pièges, je veux bien te servir de guide, j’ai apprécié l’attitude que tu as eue tout à l’heure en face de la brute.
Il m’invita à reprendre la route. J’obtempérai, rassuré de le savoir à mes côtés.
La sombre rue se terminait sur une tour d’acier comme je n’en avais jamais vue. Elle était d’un noir absolu et ne possédait aucune ouverture apparente. Alors que j'étais occupé à observer les parois de cette tour apparurent en lettres lumineuses ces trois mots : « ici tu meurs». Watson se ficha au pied de la tour.
WATSON
Rappelle toi, les mots obscurs rapportés dans mon oeuvre, la cité que j’ai traversé ne peut pas être la même que celle que tu t’apprêtes à découvrir, sache le, c’est une vision qui est propre à chacun, voilà pourquoi mon expérience ne peut pas te servir. Tu dois aller au devant de la tienne et accomplir le destin qui est le tien. Personne ne peut vivre ce que tu as à vivre, maintenant tout repose sur toi et ta compréhension des choses. Et surtout n’oublies jamais que ce voyage n’est que le début du chemin vers les secrètes choses. Ce n’est qu’une étape nécessaire, si tu veux entrer dans le monde des infinies connaissances qui va au-delà des étoiles alors tu devras gravir une autre tour. Chaque chose en son temps Léonardo. Pour l’instant, il va falloir vaincre tes peurs et entrer dans cette tour ; du courage et du discernement ne l’oublie pas. Maintenant va et vois. Je te rejoindrai, pour l’instant j’ai à faire.
LEONARDO
Je reviendrai au monde n’est-ce pas ?
WATSON
Sors vivant de ce gouffre, ensuite on verra. Si tu en reviens, tu ne seras plus le même, tes yeux verront. Pour l’instant entre dans cette tour.
LEONARDO
Mais elle est fermée !
WATSON
Plus pour longtemps, regarde !
Une porte se dessina au bas de la sinistre tour et coulissa dans un grincement infernal, découvrant une ouverture en sorte de cage.
WATSON
A toi de jouer Léonardo.
En disant ces mots il se retourna et disparut comme happé par la sombre cité.
LEONARDO
Dans quel merdier je me suis mis.


photo de Jean Durand - tous droits réservés.
Chapitre 1épart
le départ
Watson m’appela le jeudi 7 avril précédant le dimanche de pâques, alors que j’étais tout absorbé par l’écriture d’un texte de chanson. Sans aucun préambule il me demanda :
WATSON
Es-tu prêt ?
LEONARDO
Je n’y croyais plus…
WATSON
Déjà ?
LEONARDO
L’attente était trop longue, je me suis demandé…
WATSON
Si peu de choses ont déjà entamé ton désir. C'est maintenant que tout commence pour toi, d'ailleurs c'est toujours maintenant que tout commence. Viens me rejoindre à mon cabinet dans une heure, j’espère que tu as fait comme je t'ai demandé. Tu ne pourras plus revenir en arrière.
LEONARDO
Entendu, on se retrouve dans une heure.
Son appel réveilla mon inquiétude. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il voulait dire par « tu ne pourras plus revenir en arrière ». Je refis mon sac à dos que j’avais défait entre temps, et vérifiai que j’emportai bien le strict nécessaire, sans savoir réellement quelles seraient les choses nécessaires dans ce voyage inconnu. Je devais m’attendre à tout. Une fois mes affaires rangées, je mis mon sac sur mes épaules et quittai mon appartement non sans avoir jeté un dernier regard sur ce lieu que je n'allais peut-être jamais revoir.
Ce matin d’avril, je m’empressai d’aller rejoindre le docteur. Je le retrouvai à l’écriture d’une œuvre qu’il ferait sans doute publier dans les mois prochains. J’entrai silencieusement et me déchargeai de mon sac. Il avait ouvert sa fenêtre. Le bruit des voitures venait rompre son silence studieux. Rien ne semblait le distraire de son travail. Le rayon de soleil qui entrait dans son bureau aurait fait le bonheur d’un peintre qui en aurait saisi le jeu sur l’ombre du docteur en pleine inspiration. Je m’appliquai à faire le moins de bruit possible, ce qui me demandait une attention soutenue. En l’observant je me demandais ce qu’il savait réellement des mondes secrets. Sa main reposa le stylo sur les mots qu’il venait de coucher sur le papier.
WATSON
Ils n’entreront pas au paradis avec leurs bottes. Ah Claire, toi qui me guides en ces lieux sublimes, comme ils sont loin de cet Amour que tu nourris dans mon cœur.
Il releva la tête et poursuivit en me regardant
Je vais bientôt achever l’écriture de mon nouveau roman Léonardo. La dernière partie de « l’équilibre du fou » l’œuvre de ma vie. Je pourrai quitter ce monde en paix, mais je crains que les hommes ne détruisent un jour cette terre, je le crains. Ce que je vois et entends ne présage rien de bon. De la conscience Léonardo, il faut y mettre encore plus de conscience. L’humanité dort… Es-tu prêt pour les choses secrètes ?
LEONARDO
Mais vous m’avez dit…
WATSON
Ce que je t’ai dit reste toujours valable, n’attends rien de moi, c’est par ton expérience et par elle seule que tu entreras dans la connaissance de ces choses. Mais je peux si tu le désires toujours, te mener devant les portes de la cité du feu.
LEONARDO
Elles existent ?
WATSON
Je te conduirai devant elles, ensuite tu décideras par toi même. Personne ne t’obligera à les franchir, mais prends garde, une fois passées ces portes, tu seras livré à ton seul courage et à ta raison. Fies toi à ton discernement. Tu rencontreras toujours la bonne personne au bon moment, encore faut-il que tu en aies conscience. Du discernement Léonardo et ne t’attardes pas, vois et passe, le monde que tu découvriras est bien ton monde. Veux-tu toujours aller dans cette cité ?
LEONARDO
Si vous en êtes revenu, en suivant vos conseils, j’y parviendrai, comme vous.
WATSON
Peut-être bien jeune homme, mais il n’y aura jamais qu’un seul et unique Watson. Ta curiosité pourrait t’être fatale, mais j’estime qu’il est temps pour toi d’affronter ces choses. Quoiqu’il arrive reste bien centré, ne relâche à aucun moment ton effort, les épreuves ne manqueront pas… trêve de bavardages partons.
LEONARDO
Maintenant ?
WATSON
Tu recules déjà ?
LEONARDO
Je n’ai prévenu personne.
WATSON
Plus rien n'a d'importance en dehors de ce voyage.
LEONARDO
Alors, je suis prêt.
Après avoir rangé ses affaires il me conduisit vers la porte, et nous quittâmes son cabinet pour prendre l’ascenseur qui devait nous mener dans le sous-sol où se trouvait sa voiture.
Sur la route, je regardai s’éloigner progressivement la ville et sa rumeur. La voiture roulait tranquillement sur l’autoroute. Nous ne disions rien. Mes yeux regardaient vaguement le défilement des voitures. Je n’avais plus que cette cité du feu dans la tête. D’après la description qu’il en avait faite dans son livre, je savais qu’elle était dangereuse et qu’on n’y entrait pas si facilement.
Après un temps qui m'a paru interminable, s’éleva devant nos yeux une forêt de métal. L’apparition de ces étranges tours fut soudaine, comme surgie de nulle part. Elles étaient semblables à des pieux fichées dans le sol. Chose curieuses elles ne présentaient aucune ouverture, ni fenêtres ni portes. Watson arrêta la voiture :
WATSON
Ce que tu vois devant toi est le commencement de ton voyage. Regardes ces tours, elles sont aveugles, toute les ouvertures sont dans la terre, tout se passe dans la partie souterraine, et crois moi, elles s'enfoncent bien profondément comme des icebergs.

LEONARDO
C'est bien la première fois que je vois un paysage pareil?
WATSON
Il ne figure sur aucune carte. Il appartient à chacun de le chercher. mais tous ceux qui cherchent n'y arrivent pas forcément. rien n'est jamais programmé à l'avance, c'est le prix de la liberté, tout se déroule toujours maintenant, ni passé, ni futur...mais assez de bavardage.
LEONARDO
Mais comment y entre t-on dans cette cité?
WATSON
Le seul accès possible se situe dans la tour noire qui se trouve au bout de l'allée centrale. Cette ouverture ne se révèle qu'à ceux qui ont fait le choix que tu viens de faire. Tu le sauras quand tu arriveras devant la tour. Il est encore temps pour toi de rebrousser chemin. Réfléchis bien Léonardo, après il sera trop tard. tu veux toujours y aller?
LEONARDO
Oui.
WATSON
Alors suis moi.
Il m’invita à sortir de la voiture et nous nous dirigeâmes vers cette forêt d qui ne laissait rien présager de bon.

Chapitre 2
la porte de la cité de feu
La porte
Watson m’invita à m’engager dans la rue qui menait tout droit dans cette cité sans vie. Je l’interrogeai du regard, inquiet de devoir me retrouver seul au milieu de ces immeubles sordides.
WATSON
A toi de jouer, prends cette rue qui te conduira tout droit vers une tour plus noire que les autres, n’aies pas peur, à partir de maintenant, garde bien tes yeux ouverts et sois bien dans tout ce que tu fais, c’est pour toi le seul moyen de sortir vivant de cette aventure.
Comme je demeurai quelque peu hésitant, il s’impatienta :
WATSON
Allez ! qu’attends-tu ?
J’avançai dans la rue qu’il m’avait indiqué, elle semblait s’enfoncer dans un monde sans lumière. L’angoisse me saisit. Je me retournai pour cueillir dans les yeux du docteur un brin de réconfort, mais je dus me rendre à l’évidence, Watson avait disparu, plus aucun signe de sa présence, j’étais bien seul, livré à mes propres ressources que j’allais devoir mobiliser sans tarder.
Contrairement à ce qu’on pouvait imaginer en la voyant si dense, cette cité semblait n’abriter aucune vie, hormis ces immeubles gigantesques. Seul le bruit de mes pas accompagnait ma marche lugubre. Je ne voulais, à aucun moment laisser le moindre doute s’emparer de ma pensée. J’étais bien décidé à suivre les indications du docteur.
Comme je m’enfonçais dans une sombre rue, j’entendis une voix murmurer mon nom, je me retournai, personne, le métal qui m’entourait se taisait. Je rebroussai chemin, et voulus prendre mes jambes à mon cou. Soudain, une femme toute habillée de cuir noir et la poitrine dévêtue vint me barrer la route. Elle se mit à rire en me jetant un regard langoureux, je reculai tout en la dévisageant, elle était fine et belle, son aspect félin et sa manière de m’entreprendre me firent comprendre qu’elle m’entraînait dans un piège. Je me remis en chemin en précipitant mon pas et en concentrant toute mon attention sur chacun d'eux, j'avais l'étrange sentiment que tant que je restai en contact étroit avec moi dans l'instant, rien de néfaste ne pouvait m'arriver. Je retrouvai peu à peu mon calme, et l’étrange créature qui n’avait cessé de me suivre s’évanouit comme par enchantement.
A l’intersection d’une rue apparut alors un homme d’une stature impressionnante, il exhibait une musculature qui me fit craindre le pire. Il s’avança lentement vers moi, la tête haute et vociférant quelques injures à mon encontre. Je reculai et cherchai un moyen d’échapper à une agression certaine. Plus je reculai plus cela semblait lui donner du pouvoir. Reprenant mes esprits, je décidai de lui faire face et de l’affronter. Comme j’avançai vers lui en le regardant bien dans les yeux, de plus en plus sûr de moi, il finit par me tourner autour tel un chien flairant un étranger, et s’en retourna dans la rue d’où il était venu.
Je poussai un soupir de soulagement. Mais à peine m’étais-je un moment détendu qu’un hurlement me saisit d’effroi, il venait de derrière. Je n’eus pas le temps de me retourner qu’une main ferme me saisit violemment l’épaule droite et me fit faire volte face. Je poussai un cri en voyant mon agresseur, c’était un homme dont le visage était d’une maigreur et d’une pâleur cadavérique, ses yeux enfoncés dans ses orbites dégageaient une cruauté à faire frémir le plus courageux des hommes. Je reculai violemment et me préparai à me défendre. Cette fois je sentis qu’il me fallait de l’aide, que seul devant ce monstre, je n’allais pas faire le poids. Comme je faisais appel à ma raison, Watson me rejoignit. Je compris qu’il venait me tirer d’affaire. Mon sinistre agresseur recula en le voyant. Après m’avoir jeté un dernier regard, il poussa un cri de rage et m’abandonna au docteur.
LEONARDO
Je vous remercie, sans votre intervention j’étais perdu.
WATSON
Ecoute moi bien, le voyage que tu t’apprêtes à faire, je l’ai fait. J’en connais tous les pièges, je veux bien te servir de guide, j’ai apprécié l’attitude que tu as eue tout à l’heure en face de la brute.
Il m’invita à reprendre la route. J’obtempérai, rassuré de le savoir à mes côtés.
La sombre rue se terminait sur une tour d’acier comme je n’en avais jamais vue. Elle était d’un noir absolu et ne possédait aucune ouverture apparente. Alors que j'étais occupé à observer les parois de cette tour apparurent en lettres lumineuses ces trois mots : « ici tu meurs». Watson se ficha au pied de la tour.
WATSON
Rappelle toi, les mots obscurs rapportés dans mon oeuvre, la cité que j’ai traversé ne peut pas être la même que celle que tu t’apprêtes à découvrir, sache le, c’est une vision qui est propre à chacun, voilà pourquoi mon expérience ne peut pas te servir. Tu dois aller au devant de la tienne et accomplir le destin qui est le tien. Personne ne peut vivre ce que tu as à vivre, maintenant tout repose sur toi et ta compréhension des choses. Et surtout n’oublies jamais que ce voyage n’est que le début du chemin vers les secrètes choses. Ce n’est qu’une étape nécessaire, si tu veux entrer dans le monde des infinies connaissances qui va au-delà des étoiles alors tu devras gravir une autre tour. Chaque chose en son temps Léonardo. Pour l’instant, il va falloir vaincre tes peurs et entrer dans cette tour ; du courage et du discernement ne l’oublie pas. Maintenant va et vois. Je te rejoindrai, pour l’instant j’ai à faire.
LEONARDO
Je reviendrai au monde n’est-ce pas ?
WATSON
Sors vivant de ce gouffre, ensuite on verra. Si tu en reviens, tu ne seras plus le même, tes yeux verront. Pour l’instant entre dans cette tour.
LEONARDO
Mais elle est fermée !
WATSON
Plus pour longtemps, regarde !
Une porte se dessina au bas de la sinistre tour et coulissa dans un grincement infernal, découvrant une ouverture en sorte de cage.
WATSON
A toi de jouer Léonardo.
En disant ces mots il se retourna et disparut comme happé par la sombre cité.
LEONARDO
Dans quel merdier je me suis mis.
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