
EPISODE 8
5ème sous-sol
la puissance et la mort
Chapitre 1
Ici tout n’est que luxe et…
La porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une rue située dans un quartier chic, probablement un quartier où se brassent de grandes affaires. Tout respirait l’argent comme s’il en pleuvait. On déambulait dans un univers aseptisé l’avenue était spacieuse et bordée de grands magasins devant lesquels étaient garés de luxueuses voitures. Tout était propre et surveillé par une police discrète mais étonnamment présente. Je ne comprenais pas ce que nous venions y faire. Mais sans doute n’allais-je pas tarder à le savoir. Watson me conduisit dans une boutique de prêt-à-porter où je fus accueilli avec un certain dédain. Le docteur s’adressa à une vendeuse :
WATSON
S’il vous plaît trouvez lui un costume qui fasse habillé.
LA VENDEUSE
C’est entendu, si monsieur veut bien me suivre.
La vendeuse me traîna à travers les rayons de vêtements pour homme. Elle me proposa plusieurs costumes que j’essayai jusqu’à ce qu’il y en eut un à ma taille. Puis je rejoignis le docteur qui était en discussion avec un homme important d’après son apparence. Quand le docteur m’aperçut, il prit congé de son interlocuteur et vint à ma rencontre.
WATSON
Ça y est tu es conforme au monde qui nous attend.
LEONARDO
Je l’ai déjà un peu fréquenté vous savez.
WATSON
Pas celui-là je peux te le garantir.
Watson me fit sortir de la boutique luxueuse, en ayant pris soin de faire appeler un taxi. Une fois dans le taxi, il m’expliqua que nous allions passer trois nuits dans un hôtel qu’il semblait connaître.
WATSON
Tu vas découvrir un monde fascinant, brillant. Un monde prisonnier du temps et nourri d’artifices. Mais la mort est toujours au bout du chemin, ce qui les plonge dans une sorte de folie.
LEONARDO
Que voulez-vous dire ?
WATSON
Rien d’autre que ce que tu as entendu.
Nous arrivâmes à l’hôtel où nous fûmes accueillis par une charmante hôtesse qui reconnut le docteur.
L’HOTESSE
Heureuse de vous revoir monsieur Watson, avez-vous fait un bon voyage ?
WATSON
Sans problèmes, pouvez-vous nous conduire dans la suite que j’ai réservée ?
L’HOTESSE
Si ces messieurs veulent bien me suivre !
L’hôtesse nous fit pénétrer dans un ascenseur spacieux et richement décoré, arrivés au troisième étage, la porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une suite qui me laissa sans voix tant elle était luxueuse. Tout fonctionnait avec une télécommande que l’hôtesse remit au docteur en lui indiquant les principaux mécanismes.
L’HOTESSE
L’utilisation en est simple, je pense que vous savez vous en servir monsieur Watson ?
WATSON
Ça devrait aller, je vous remercie
Je n’étais pas habitué à autant de luxe, mon air abasourdi amusa le docteur.
WATSON
Allons remets toi tout cela n’est que matière. Tu peux te servir à boire et profiter de ce petit temps de répit.
LEONARDO
Non merci ça ira. C’est quoi cet écran sur le mur ?
WATSON
Simplement pour te faire ton cinéma jeune homme.
LEONARDO
Il est superbe, il est littéralement intégré u mur, je l’essaierai plus tard.
Une musique vint se glisser dans toute la suite. Le deuxième mouvement du concerto en sol de Maurice Ravel. Un de mes morceaux préférés.
LEONARDO
Mais elle vient d’où cette musique, le son est superbe, on se croirait dans une salle de concert.
WATSON
Il suffit d’actionner ce bouton sur la télécommande.
LEONARDO
C’est vous qui avez choisi le morceau ?
WATSON
Non. Tout a été programmé à l’avance.
LEONARDO
C’est une de mes musiques préférées.
WATSON
Mon cher ami il est temps que tu saches qu’ici on sait tout sur tout le monde. Ils savent tout sur toi, tes goûts, tes habitudes, tes relations passées, tes convictions politiques, ta vie amoureuse, sexuelle. Tout.
LEONARDO
Mais c’est dégueulasse, d’où tiennent-ils ces informations ?
WATSON
Ils ont un service spécial très bien équipé, tu es suivi à la trace. Tout cela avec la bénédiction de ton président chez qui nous dînons ce soir.
LEONARDO
Quoi ? Ne me dites pas qu’on dîne chez ce malade mental. Vous connaissez mes choix politiques et mes convictions, je n’ai rien à faire avec ce monstre.
WATSON
Cesse d’imaginer le monde selon ton idéal, rends toi à l’évidence, pour survivre dans cette jungle il faut savoir hurler avec les loups, tu as encore des choses à apprendre.
LEONARDO
J’aurai dû me méfier avant de vous suivre aussi aveuglément.
WATSON
Je crains mon pauvre ami que tu n’aies plus d’autre solution que de faire ce que je te dis et selon mon bon vouloir. Pour l’instant tu ne disposes pas de tout ton jugement et des relations utiles. C’est moi qui ai les cartes maîtresses. Je t’avais prévenu.
LEONARDO
Vous essayez de me dire quoi. Je peux toujours m’enfuir.
WATSON
Tu peux le faire, mais crois moi tu n’iras pas loin. Ils t’arrêteront et comme tu n’es pas de leur monde, ils te liquideront purement et simplement. Soyons sérieux, de quel pouvoir disposes tu actuellement ? Allons dis le moi !
Je m’assis sur le canapé qui faisait face à l’immense baie vitrée qui donnait sur un ciel de nuit. Je ne savais que répondre.
WATSON
Tu n’es rien qu’une simple chose. Ici si tu n’as pas le droit d’être pauvre, sans argent, sans femme, sans signe extérieur de richesse. Il y a des codes que tu dois intégrer.
LEONARDO
Pouvez vous me dire où sont les autres, les pauvres les gens sans argent ?
WATSON
Je vois que tu as du mal à comprendre. Personne n’est sans argent ici. Même le plus petit serviteur vit correctement. La seule chose qu’on lui demande c’est de rester à sa place et de faire ce qu’on lui dit. Il est bien payé, mais il ne dépassera jamais un certain niveau. Comme ils disent « on ne mélange pas les torchons avec les serviettes », chacun à sa place. Et malheur à celui qui s’écarte de son lieu d’affectation. Toute opposition est tuée dans l’œuf. Les prisons sont presque vides, on y met uniquement les dissidents politiques, le temps de les rééduquer, tu sais, il ne faut pas grand-chose pour les remettre dans la ligne du président. Les services spéciaux ont développé un programme efficace. Une semaine de traitement et ils rentrent dans l’ordre. Quant aux fantaisistes et aux originaux, ils sont réduits au silence, éliminés définitivement. Pas besoin de juges et d’avocats. Notre président décide. Il a les pleins pouvoirs. Mais il est lui-même tenu par les grands faiseurs d’argent.
LEONARDO
Si j’entends bien, d’un côté il y a les maîtres et de l’autre les esclaves.
WATSON
Vois ça comme ça si tu veux. Tu es dans le monde où tout se monnaye. Bon si tu veux bien je vais me prendre un bon bain avant qu’on ne vienne nous chercher.
LEONARDO
Je suis vraiment obligé d’y aller à ce dîner.
WATSON
On ne refuse pas une invitation du président. Il pourrait mal le prendre.
LEONARDO
Rien que de devoir lui serrer la main ça me dégoûte.
WATSON
Ne peux-tu voir un moment les choses comme un jeu ? Tout n’est qu’illusion. Bon, il est temps de se préparer pour le grand dîner.
Le docteur se retira dans la salle de bains. Je finis par me résoudre à l’adoption de ma nouvelle identité.

Chapitre 2
La grande parade
Un homme de service vint sonner à la porte de la suite pour nous annoncer que la voiture était avancée. Watson s’empressa de vérifier mon costume, il replaça ma cravate dans le bon alignement et vérifia le nœud.
WATSON
Eh bien, te voilà tout beau !
LEONARDO
Ce n’est que du paraître.
WATSON
Et pourtant ça te va bien.
LEONARDO
Peut-être, mais ce n’est pas mon truc.
WATSON
Reste dans le jeu, c’est tout ce qui t’es demandé. Dépêchons nous, on est attendu.
Nous quittâmes la suite en prenant l’ascenseur. Un chauffeur nous attendait au bas de l’hôtel. Il nous conduisit au palais présidentiel où nous fûmes accueillis en grande pompe par un personnel des plus qualifiés. Un superbe tapis rouge était déroulé sur des marches conduisant à l’entrée du palais. Des photographes et des caméramans s’agitaient tout autour de nous dans un brouhaha mondain.
LEONARDO
Allons-y pour la grande parade des vanités.
WATSON
C’est ce que tu vois.
LEONARDO
Ce que je vois et ce que je pense. Mais sincèrement, qu’est-ce que je fous ici ?
WATSON
Regarde et passe. Amuse-toi, accueille.
Je me faisais tout petit, suivant Watson du regard comme un enfant attentif à ne pas perdre de vue ses parents. Nous fûmes introduits dans un grand salon où régnait une ambiance de cour. Ministres et proches du président conversaient avec discrétion, de tout et de rien, le regard continuellement distrait par les arrivées successives des invités. Watson me présenta aux uns et aux autres avec son habituelle tranquillité. A plusieurs reprises j’entendis un discret : « ah, c’est lui ? ». Je ne pus m’empêcher de dire à Watson :
LEONARDO
Je les trouve bizarre tous autant qu’ils sont. Qu’est ce qui se prépare ici ?
WATSON
Tu verras bien.
LEONARDO
J’ai l’impression qu’il y a pas mal d’hommes d’affaires, je me trompe ?
WATSON
Tu as ici les plus grosses fortunes de la planète et toute la High society. Enfin presque. Ce sont eux qui mènent la danse mon ami, le président n’est rien, ils font et défont les gouvernements. Ils n’ont qu’un dieu, l’argent et avec l’argent la gloire et tout ce qui s’ensuit. Pour eux tout s’achète, les personnes plus que tout autre chose, ceux qui le refusent n’ont plus aucun signe d’existence. Ils ont ici tous les droits et tous les pouvoirs. Et certains aiment à le montrer. Le président les vénère et leur est totalement assujetti. Il adore le luxe et tout ce qui brille.
LEONARDO
Un pauvre frustré qui prend sa revanche, c’est en tous cas l’impression qu’il donne ?
WATSON
Te voilà une fois de plus dans le jugement. Regarde et passe, n’oublie pas.
LEONARDO
Difficile dans cette parade de mort…
WATSON
Et si la mort n’existait pas ?
LEONARDO
Que voulez vous dire ?
Le président fut annoncé. Toute l’assemblée se retourna vers la grande porte qui s’ouvrit sur un homme de petite taille, visiblement mal à l’aise dans sa démarche. Il arborait un air d’autorité et d’importance qui semblait plonger les personnes de son entourage dans une attitude servile. A cela le président leur rendait un sourire d’autosatisfaction que j’avais vraiment du mal à supporter. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait de moi, je m’efforçai à respirer profondément, dans le but de calmer mon appréhension. Il se dirigea vers le docteur Watson pour le saluer
LE PRESIDENT
Content de vous voir parmi nous docteur.
WATSON
Monsieur le président.
LE PRESIDENT
C’est votre protégé ?
WATSON
Ferrare Leonardo monsieur le président.
Le président me tendit la main. Je le saluai avec respect et comme il se doit en pareille circonstance.
LEONARDO
Monsieur le président.
LE PRESIDENT
Savez-vous jeune homme que tout le monde n’a pas cet honneur.
LEONARDO
Je le sais monsieur le président.
LE PRESIDENT
Et vous en dites quoi ?
LEONARDO
Rien monsieur le président.
Le président se retourna vers le docteur Watson
LE PRESIDENT
Je crois déceler un petit côté rebelle, je compte sur vous pour le remettre en conditions. Je n’aime pas beaucoup qu’on me résiste.
WATSON
Je m’en occupe monsieur le président.
WATSON
Eh bien, te voilà tout beau !
LEONARDO
Ce n’est que du paraître.
WATSON
Et pourtant ça te va bien.
LEONARDO
Peut-être, mais ce n’est pas mon truc.
WATSON
Reste dans le jeu, c’est tout ce qui t’es demandé. Dépêchons nous, on est attendu.
Nous quittâmes la suite en prenant l’ascenseur. Un chauffeur nous attendait au bas de l’hôtel. Il nous conduisit au palais présidentiel où nous fûmes accueillis en grande pompe par un personnel des plus qualifiés. Un superbe tapis rouge était déroulé sur des marches conduisant à l’entrée du palais. Des photographes et des caméramans s’agitaient tout autour de nous dans un brouhaha mondain.
LEONARDO
Allons-y pour la grande parade des vanités.
WATSON
C’est ce que tu vois.
LEONARDO
Ce que je vois et ce que je pense. Mais sincèrement, qu’est-ce que je fous ici ?
WATSON
Regarde et passe. Amuse-toi, accueille.
Je me faisais tout petit, suivant Watson du regard comme un enfant attentif à ne pas perdre de vue ses parents. Nous fûmes introduits dans un grand salon où régnait une ambiance de cour. Ministres et proches du président conversaient avec discrétion, de tout et de rien, le regard continuellement distrait par les arrivées successives des invités. Watson me présenta aux uns et aux autres avec son habituelle tranquillité. A plusieurs reprises j’entendis un discret : « ah, c’est lui ? ». Je ne pus m’empêcher de dire à Watson :
LEONARDO
Je les trouve bizarre tous autant qu’ils sont. Qu’est ce qui se prépare ici ?
WATSON
Tu verras bien.
LEONARDO
J’ai l’impression qu’il y a pas mal d’hommes d’affaires, je me trompe ?
WATSON
Tu as ici les plus grosses fortunes de la planète et toute la High society. Enfin presque. Ce sont eux qui mènent la danse mon ami, le président n’est rien, ils font et défont les gouvernements. Ils n’ont qu’un dieu, l’argent et avec l’argent la gloire et tout ce qui s’ensuit. Pour eux tout s’achète, les personnes plus que tout autre chose, ceux qui le refusent n’ont plus aucun signe d’existence. Ils ont ici tous les droits et tous les pouvoirs. Et certains aiment à le montrer. Le président les vénère et leur est totalement assujetti. Il adore le luxe et tout ce qui brille.
LEONARDO
Un pauvre frustré qui prend sa revanche, c’est en tous cas l’impression qu’il donne ?
WATSON
Te voilà une fois de plus dans le jugement. Regarde et passe, n’oublie pas.
LEONARDO
Difficile dans cette parade de mort…
WATSON
Et si la mort n’existait pas ?
LEONARDO
Que voulez vous dire ?
Le président fut annoncé. Toute l’assemblée se retourna vers la grande porte qui s’ouvrit sur un homme de petite taille, visiblement mal à l’aise dans sa démarche. Il arborait un air d’autorité et d’importance qui semblait plonger les personnes de son entourage dans une attitude servile. A cela le président leur rendait un sourire d’autosatisfaction que j’avais vraiment du mal à supporter. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait de moi, je m’efforçai à respirer profondément, dans le but de calmer mon appréhension. Il se dirigea vers le docteur Watson pour le saluer
LE PRESIDENT
Content de vous voir parmi nous docteur.
WATSON
Monsieur le président.
LE PRESIDENT
C’est votre protégé ?
WATSON
Ferrare Leonardo monsieur le président.
Le président me tendit la main. Je le saluai avec respect et comme il se doit en pareille circonstance.
LEONARDO
Monsieur le président.
LE PRESIDENT
Savez-vous jeune homme que tout le monde n’a pas cet honneur.
LEONARDO
Je le sais monsieur le président.
LE PRESIDENT
Et vous en dites quoi ?
LEONARDO
Rien monsieur le président.
Le président se retourna vers le docteur Watson
LE PRESIDENT
Je crois déceler un petit côté rebelle, je compte sur vous pour le remettre en conditions. Je n’aime pas beaucoup qu’on me résiste.
WATSON
Je m’en occupe monsieur le président.
