
EPISODE 7
Chapitre 1
Quatrième sous-sol
perversions
Anges et démons
Je ne saurai dire combien de temps nous avions marché à travers les ruelles puantes de cette cité en guerre, je me laissai guider par Watson qui avançait sereinement au milieu des soldats en armes que l'on croisait sans qu’ils nous remarquent, comme si nous étions devenus invisibles. Je n'avais plus peur, j'avançai calmement. Après ce que je venais de vivre, la mort m’apparaissait complice, libératrice. L'odeur âcre qui irritait mes narines était le seul élément physique qui me rattachait à la sensation de vie, tout le reste m'échappait et quelque part, cela m’était égal. Je n’avais plus qu’à continuer ma descente infernale en acceptant le risque qu’elle pourrait m’être fatale. Aucun autre choix possible, cette fois j’en avais conscience. Nous marchions dans une ville calcinée par la violence des bombardements. Des pans de murs se dressaient dangereusement, à l’image de ce monde où tout pouvait basculer d’une seconde à l’autre. J’aperçus un ascenseur planté curieusement au milieu des gravas. Watson m’invita à le prendre. Nous y pénétrâmes et descendîmes au quatrième sous-sol. La porte s’ouvrit sur une rue étroite où déambulaient quelques ecclésiastiques c’est du moins ce que j’en déduisis au vu de leur accoutrement. Une femme voilée traversa la rue avec empressement.
Mon guide me traîna jusqu’à une bâtisse imposante avec des murs épais et une lourde porte en acier qui accentuait son aspect lugubre. J'attendis les explications de Watson qui ne tardèrent pas.
Chapitre 1
Quatrième sous-sol
perversions
Anges et démons
Je ne saurai dire combien de temps nous avions marché à travers les ruelles puantes de cette cité en guerre, je me laissai guider par Watson qui avançait sereinement au milieu des soldats en armes que l'on croisait sans qu’ils nous remarquent, comme si nous étions devenus invisibles. Je n'avais plus peur, j'avançai calmement. Après ce que je venais de vivre, la mort m’apparaissait complice, libératrice. L'odeur âcre qui irritait mes narines était le seul élément physique qui me rattachait à la sensation de vie, tout le reste m'échappait et quelque part, cela m’était égal. Je n’avais plus qu’à continuer ma descente infernale en acceptant le risque qu’elle pourrait m’être fatale. Aucun autre choix possible, cette fois j’en avais conscience. Nous marchions dans une ville calcinée par la violence des bombardements. Des pans de murs se dressaient dangereusement, à l’image de ce monde où tout pouvait basculer d’une seconde à l’autre. J’aperçus un ascenseur planté curieusement au milieu des gravas. Watson m’invita à le prendre. Nous y pénétrâmes et descendîmes au quatrième sous-sol. La porte s’ouvrit sur une rue étroite où déambulaient quelques ecclésiastiques c’est du moins ce que j’en déduisis au vu de leur accoutrement. Une femme voilée traversa la rue avec empressement.
Mon guide me traîna jusqu’à une bâtisse imposante avec des murs épais et une lourde porte en acier qui accentuait son aspect lugubre. J'attendis les explications de Watson qui ne tardèrent pas.
WATSON
Te voici devant un couvent. Ici vivent des sœurs.
LEONARDO
Je pouvais m’en douter. Que viennent faire des soeurs au milieu de toute cette horreur, A quel ordre appartiennent-elles ?
WATSON
Elles font partie d’un mouvement sectaire, comme il en pullule de plus en plus. Cet ordre ne tolère aucune autre religion et vision que la leur, pour eux le reste vient de Satan. Tu vas te rendre compte que cette horreur dont tu parles peut emprunter bien des visages. Maintenant à toi de comprendre.
Sur ces mots, il se dirigea vers la porte qu’il martela de son poing droit. Au bout d’une bonne minute elle s’ouvrit avec lourdeur et apparut une sœur toute de noir vêtue de la tête aux chevilles.
LA SŒUR
Vous désirez…ah c’est vous, entrez, je vous en prie.
Watson avait un droit d’entrée dans ce monde infernal qui ne me surprenait plus; je m’étais fait à l’idée que les explications me viendraient probablement plus tard.
La sœur nous conduisit dans une cour pavée, sans végétation et sans vie. Elle nous fit entrer dans une pièce nue avec pour unique décor des bancs on ne peut plus austères, sans doute la pièce principale, elle nous fit asseoir sur l’un d’eux plaqué contre le mur.
Te voici devant un couvent. Ici vivent des sœurs.
LEONARDO
Je pouvais m’en douter. Que viennent faire des soeurs au milieu de toute cette horreur, A quel ordre appartiennent-elles ?
WATSON
Elles font partie d’un mouvement sectaire, comme il en pullule de plus en plus. Cet ordre ne tolère aucune autre religion et vision que la leur, pour eux le reste vient de Satan. Tu vas te rendre compte que cette horreur dont tu parles peut emprunter bien des visages. Maintenant à toi de comprendre.
Sur ces mots, il se dirigea vers la porte qu’il martela de son poing droit. Au bout d’une bonne minute elle s’ouvrit avec lourdeur et apparut une sœur toute de noir vêtue de la tête aux chevilles.
LA SŒUR
Vous désirez…ah c’est vous, entrez, je vous en prie.
Watson avait un droit d’entrée dans ce monde infernal qui ne me surprenait plus; je m’étais fait à l’idée que les explications me viendraient probablement plus tard.
La sœur nous conduisit dans une cour pavée, sans végétation et sans vie. Elle nous fit entrer dans une pièce nue avec pour unique décor des bancs on ne peut plus austères, sans doute la pièce principale, elle nous fit asseoir sur l’un d’eux plaqué contre le mur.
LA SŒUR
Je m’en vais annoncer votre présence à la supérieure.
Je m’en vais annoncer votre présence à la supérieure.
Elle quitta la pièce et nous laissa dans un silence pesant que Watson prit soin d’entretenir. Je me demandais cependant ce que je venais faire dans cet endroit sinistre. Depuis quelques années je m’étais éloigné de toute pratique religieuse, m’étant rendu compte qu’elles ne m’avaient apporté qu’un sentiment de culpabilisation qui empoisonna une bonne partie de mon existence. Je m’étais mis en quête moi-même d’un sens à donner à ma vie sans pour autant avoir recours à des prêtres ou des pseudos maîtres qui le plus souvent ne vous communiquent que leurs propres peurs ou croyances qui les concernent, mais qui, transposées chez un autre, peuvent occasionner des dégâts irréparables. J’en fis la pénible expérience. Pendant que je plongeais dans mes réflexions, la supérieure entra.
LA SUPERIEURE
Que puis-je faire pour vous ?
WATSON
C’est pour ce jeune homme ma sœur. Il aurait besoin d’une retraite
LEONARDO
Mais…
WATSON
Que puis-je faire pour vous ?
WATSON
C’est pour ce jeune homme ma sœur. Il aurait besoin d’une retraite
LEONARDO
Mais…
WATSON
Il vient pour connaître. C’est là son désir.
La supérieure se retourna vers moi et me toisa du regard. Je n’arrivai pas à déceler le sentiment qu’il libérait, colère ou moquerie, peut-être les deux. Le ton qu’elle utilisait était sec, elle prenait bien soin d’articuler chaque mot en faisant siffler les « s » particulièrement sur le mot « stricte ».
La supérieure se retourna vers moi et me toisa du regard. Je n’arrivai pas à déceler le sentiment qu’il libérait, colère ou moquerie, peut-être les deux. Le ton qu’elle utilisait était sec, elle prenait bien soin d’articuler chaque mot en faisant siffler les « s » particulièrement sur le mot « stricte ».
LA SUPERIEURE
La connaissance…hum… encore un rêveur. Il va falloir qu’il se plie aux règles de la communauté.
Avec son index pointé vers le ciel elle ajouta d’un ton ferme :
LA SUPERIEURE
La connaissance…hum… encore un rêveur. Il va falloir qu’il se plie aux règles de la communauté.
Avec son index pointé vers le ciel elle ajouta d’un ton ferme :
LA SUPERIEURE
Elles sont strictes, et la première de ces règles est de n’avoir aucun contact avec aucune des sœurs de ce couvent en dehors de celle qui sera mise à votre service, que cela soit bien clair. Vous ne pourrez avoir de relation qu’avec le prêtre. Vous m’avez bien entendu ?
LEONARDO
Oui mais…
WATSON
De quoi as-tu peur ?
WATSON
De quoi as-tu peur ?
LEONARDO
Je n’ai rien à faire ici.
WATSON
C’est ce que tu crois. Ma sœur je vous le confie. Tu me retrouveras à ta sortie.
LEONARDO
Dans combien de temps ?
WATSON
Cela va dépendre de toi.
LEONARDO
Vous savez bien que je ne supporte plus ces bondieuseries
WATSON
Justement. C’est l’occasion de les vivre de l’intérieur, et tu arrêtes de geindre. Maintenant assume tes choix.
LEONARDO
Mes choix ? Vous en avez de bonnes, vous décidez tout pour moi depuis le début et vous parlez de mes choix ?
WATSON
Il me semble que tu as la mémoire courte jeune homme.
Il s’en alla sur ces mots, me laissant aux mains de la supérieure de ce couvent qui réveilla en moi une angoisse que j’eus du mal à dissimuler.
LA SUPERIEURE
Allons, pas la peine de faire cette tête nous ne sommes quand même pas des monstres. Je vais vous faire conduire dans votre cellule.
Elle frappa bruyamment dans ses mains ce qui fit surgir une autre sœur.
LA SUPERIEURE
Conduisez moi ce jeune homme dans sa cellule avec les recommandations d’usage, il est ici pour une retraite. Surtout l’isolement total. Et que Dieu lui vienne en aide.
LEONARDO
C’est d’abord à moi de me venir en aide.
LA SUPERIEURE
L’orgueil, voilà bien le péché originel. Vous aurez tout le temps de méditer sur votre situation jeune homme, vous n’avez plus qu’à faire comme nous, prier. Emmenez-le.
La sœur me fit traverser de nombreux couloirs aussi lugubres les uns que les autres pour me conduire devant la porte de ma cellule qu’elle ouvrit avec une lourde clé.
LA SOEUR
Vous pouvez entrer.
LEONARDO
Vous allez me laisser la clé j’espère.
LA SŒUR
La règle veut que vous soyez enfermé.
LEONARDO
Comment je fais pour manger, et mes besoins…
LA SŒUR
Un repas le matin, un autre le soir vous sera servi ici dans votre cellule. Un prêtre viendra vous visiter chaque jour. Pour vos besoins, votre cellule est équipée de sanitaires. vous êtes en retraite monsieur, cela demande un certain renoncement. vous devez faire l'effort de vous déshabituer des choses du monde. le prêtre vous expliquera tout cela.
LEONARDO
Je n’ai pas besoin de prêtre
LA SŒUR
C’est la règle
Je n’ai rien à faire ici.
WATSON
C’est ce que tu crois. Ma sœur je vous le confie. Tu me retrouveras à ta sortie.
LEONARDO
Dans combien de temps ?
WATSON
Cela va dépendre de toi.
LEONARDO
Vous savez bien que je ne supporte plus ces bondieuseries
WATSON
Justement. C’est l’occasion de les vivre de l’intérieur, et tu arrêtes de geindre. Maintenant assume tes choix.
LEONARDO
Mes choix ? Vous en avez de bonnes, vous décidez tout pour moi depuis le début et vous parlez de mes choix ?
WATSON
Il me semble que tu as la mémoire courte jeune homme.
Il s’en alla sur ces mots, me laissant aux mains de la supérieure de ce couvent qui réveilla en moi une angoisse que j’eus du mal à dissimuler.
LA SUPERIEURE
Allons, pas la peine de faire cette tête nous ne sommes quand même pas des monstres. Je vais vous faire conduire dans votre cellule.
Elle frappa bruyamment dans ses mains ce qui fit surgir une autre sœur.
LA SUPERIEURE
Conduisez moi ce jeune homme dans sa cellule avec les recommandations d’usage, il est ici pour une retraite. Surtout l’isolement total. Et que Dieu lui vienne en aide.
LEONARDO
C’est d’abord à moi de me venir en aide.
LA SUPERIEURE
L’orgueil, voilà bien le péché originel. Vous aurez tout le temps de méditer sur votre situation jeune homme, vous n’avez plus qu’à faire comme nous, prier. Emmenez-le.
La sœur me fit traverser de nombreux couloirs aussi lugubres les uns que les autres pour me conduire devant la porte de ma cellule qu’elle ouvrit avec une lourde clé.
LA SOEUR
Vous pouvez entrer.
LEONARDO
Vous allez me laisser la clé j’espère.
LA SŒUR
La règle veut que vous soyez enfermé.
LEONARDO
Comment je fais pour manger, et mes besoins…
LA SŒUR
Un repas le matin, un autre le soir vous sera servi ici dans votre cellule. Un prêtre viendra vous visiter chaque jour. Pour vos besoins, votre cellule est équipée de sanitaires. vous êtes en retraite monsieur, cela demande un certain renoncement. vous devez faire l'effort de vous déshabituer des choses du monde. le prêtre vous expliquera tout cela.
LEONARDO
Je n’ai pas besoin de prêtre
LA SŒUR
C’est la règle
LEONARDO
Je me moque de la règle je ne suis pas bonne sœur.
LA SŒUR
La règle c’est la règle.
LEONARDO
Bon j’ai compris maintenant laissez moi.
Elle referma la porte, j’entendis la serrure actionnée par la clé faire un double tour. Je me résignai à la retraite. Je commençai par inspecter ma cellule. Rien de plus austère : un lit, un chevet, un bureau, une chaise et rien d’autre. Un petit réduit dans le fond servait de toilettes et de douches. Le sol était en pierre. Les murs étaient nus, pas même un crucifix. Je fouillai dans le tiroir du bureau, pensant trouver une bible, il était vide. Le plafond de pierre était éclairé par un néon froid. Je cherchai l’interrupteur sans le trouver. L’éclairage était commandé de l’extérieur.
Qu’allais-je faire pendant tout ce temps, et combien de temps, comment le savoir ? Je m’assis sur le lit avant de m’allonger pour dormir.
A peine assis, j’entendis des pas dans le couloir. Je m’approchai de la porte pour y coller mon oreille. Les pas semblaient aller et venir, puis ils s’arrêtèrent devant ma cellule, je sentis une présence puis j’entendis un souffle.
LEONARDO
Il y a quelqu’un ?
Les pas s’éloignèrent et le souffle s'évanouit. Je retournai m’asseoir sur le lit. Le bruit de pas reprit, je retournai vers la porte pour demander à nouveau :
Je me moque de la règle je ne suis pas bonne sœur.
LA SŒUR
La règle c’est la règle.
LEONARDO
Bon j’ai compris maintenant laissez moi.
Elle referma la porte, j’entendis la serrure actionnée par la clé faire un double tour. Je me résignai à la retraite. Je commençai par inspecter ma cellule. Rien de plus austère : un lit, un chevet, un bureau, une chaise et rien d’autre. Un petit réduit dans le fond servait de toilettes et de douches. Le sol était en pierre. Les murs étaient nus, pas même un crucifix. Je fouillai dans le tiroir du bureau, pensant trouver une bible, il était vide. Le plafond de pierre était éclairé par un néon froid. Je cherchai l’interrupteur sans le trouver. L’éclairage était commandé de l’extérieur.
Qu’allais-je faire pendant tout ce temps, et combien de temps, comment le savoir ? Je m’assis sur le lit avant de m’allonger pour dormir.
A peine assis, j’entendis des pas dans le couloir. Je m’approchai de la porte pour y coller mon oreille. Les pas semblaient aller et venir, puis ils s’arrêtèrent devant ma cellule, je sentis une présence puis j’entendis un souffle.
LEONARDO
Il y a quelqu’un ?
Les pas s’éloignèrent et le souffle s'évanouit. Je retournai m’asseoir sur le lit. Le bruit de pas reprit, je retournai vers la porte pour demander à nouveau :
LEONARDO
Il y a quelqu’un ?
Une voix murmura :
UNE VOIX
Aidez-moi…
LEONARDO
Qui êtes-vous ?
UNE VOIX
Je vous en prie, aidez-moi
LEONARDO
Je suis enfermé, mais qui êtes vous ?
UNE VOIX
Une pauvre sœur qu’on martyrise.
LEONARDO
Expliquez vous.
UNE VOIX
Je veux rompre mes vœux, je n’en peux plus, aidez moi.
LEONARDO
Trouvez moi la clé de cette prison et peut-être que je pourrai faire quelque chose.
UNE VOIX
On vient, je vous en prie ne dites rien à personne, je vous en supplie.
LEONARDO
C’est promis
J’entendis la voix de la mère supérieure crier d’une voix sèche.
LA SUPERIEURE
Sœur Angeline retournez dans votre cellule immédiatement, que je ne vous y reprenne plus. La règle c’est la règle.
Je reculai pour rejoindre le lit où je m’allongeai. Les pas de la mère supérieure s’approchèrent de ma cellule. Elle fit une brève halte, puis elle s’éloigna. Ma tête résonnait encore de la voix souffreteuse qui m’avait interpellé.
Au moment où je m’apprêtais à dormir, j’entendis la clé dans la serrure. Je vis apparaître un homme ventripotent en soutane.
LE PRÊTRE
Vous êtes Léonardo, je me présente, je suis le prêtre de ce couvent. Je rends visite à tout nouveau venu pour faire connaissance et pour les aider à mieux supporter la rigueur de la règle.
LEONARDO
La fameuse règle, c’est pire qu’une prison ici, dites moi, comment se fait-il qu’il n’y ait ni bible ni crucifix.
LE PRÊTRE
Voyez-vous, je vais sans doute vous faire sourire mais, ça aussi c’est la règle. Aucune image, aucun support d’aucune sorte pouvant entraver toute rencontre avec Dieu.
LEONARDO
là il va falloir que vous m'aidiez à comprendre.
LE PRÊTRE
C’est normal vous êtes jeune et vous venez d’un monde turbulent et bruyant n’est-ce pas, un monde rempli d’idoles et de bruits qui perturbent l’esprit. Vous verrez, au bout d’une semaine vous serez nettoyé de tout ce superflu. Il faut permettre à Dieu de vous atteindre, il ne peut pas venir dans une âme encombrée. Vous comprenez cela ?
LEONARDO
Il y a quelqu’un ?
Une voix murmura :
UNE VOIX
Aidez-moi…
LEONARDO
Qui êtes-vous ?
UNE VOIX
Je vous en prie, aidez-moi
LEONARDO
Je suis enfermé, mais qui êtes vous ?
UNE VOIX
Une pauvre sœur qu’on martyrise.
LEONARDO
Expliquez vous.
UNE VOIX
Je veux rompre mes vœux, je n’en peux plus, aidez moi.
LEONARDO
Trouvez moi la clé de cette prison et peut-être que je pourrai faire quelque chose.
UNE VOIX
On vient, je vous en prie ne dites rien à personne, je vous en supplie.
LEONARDO
C’est promis
J’entendis la voix de la mère supérieure crier d’une voix sèche.
LA SUPERIEURE
Sœur Angeline retournez dans votre cellule immédiatement, que je ne vous y reprenne plus. La règle c’est la règle.
Je reculai pour rejoindre le lit où je m’allongeai. Les pas de la mère supérieure s’approchèrent de ma cellule. Elle fit une brève halte, puis elle s’éloigna. Ma tête résonnait encore de la voix souffreteuse qui m’avait interpellé.
Au moment où je m’apprêtais à dormir, j’entendis la clé dans la serrure. Je vis apparaître un homme ventripotent en soutane.
LE PRÊTRE
Vous êtes Léonardo, je me présente, je suis le prêtre de ce couvent. Je rends visite à tout nouveau venu pour faire connaissance et pour les aider à mieux supporter la rigueur de la règle.
LEONARDO
La fameuse règle, c’est pire qu’une prison ici, dites moi, comment se fait-il qu’il n’y ait ni bible ni crucifix.
LE PRÊTRE
Voyez-vous, je vais sans doute vous faire sourire mais, ça aussi c’est la règle. Aucune image, aucun support d’aucune sorte pouvant entraver toute rencontre avec Dieu.
LEONARDO
là il va falloir que vous m'aidiez à comprendre.
LE PRÊTRE
C’est normal vous êtes jeune et vous venez d’un monde turbulent et bruyant n’est-ce pas, un monde rempli d’idoles et de bruits qui perturbent l’esprit. Vous verrez, au bout d’une semaine vous serez nettoyé de tout ce superflu. Il faut permettre à Dieu de vous atteindre, il ne peut pas venir dans une âme encombrée. Vous comprenez cela ?
LEONARDO
je ne vais quand même pas rester une semaine.
LE PRÊTRE
Oh le temps passe très vite vous vous y ferez.
LEONARDO
Je ne resterai pas une semaine dans cette prison mortelle. C’est à devenir fou.
LE PRÊTRE
D’autres ont bien tenu le coup.
LEONARDO
Je me fous des autres !
LE PRÊTRE
Vous allez vous habituer, je vous le garantis, Pensez à Dieu, priez, rapprochez vous de lui. Vous avez encore trop de révoltes en vous, Dieu n’entre pas dans le cœur d’un homme en colère. Vous devez vous purifiez et vous êtes là pour ça.
LEONARDO
Je n’en veux pas de votre Dieu lugubre. Ça sent la mort ici tout est sombre, rien que la vue des bonnes sœurs ça me rend triste. J’ai besoin de voir des femmes, des vraies, pas des femmes voilées de noir, sans féminité.
LE PRÊTRE
Une sœur se doit d’être voilée, c’est la règle. D’ailleurs toutes les femmes devraient l’être. C’est à cause de tout ça que votre monde devient fou, et qu’il sombre dans la fornication.
LEONARDO
Ne dites pas d’inepties, alors d’après vous le monde déconne parce que les femmes ne portent pas le voile.
LE PRÊTRE
C’est en partie à cause de ça…
LEONARDO
Et pourquoi doivent-elles être voilées ?
LE PRÊTRE
Parce que la femme est un être impur, elle ne peut pas s’exposer sans honte devant les autres.
LEONARDO
Alors Dieu se serait trompé, lui le parfait aurait créé un être impur, et de ce fait il aurait honte de sa créature au point qu’il faille cacher. vous faites confiance à ce Dieu qui se trompe ?
LE PRÊTRE
Jeune homme vous ne pouvez pas comprendre, vous ne nierez pas cependant que la femme est un objet de tentation pour les hommes, d’où l’importance du voile qui évite toutes les dérives de la chair.
LEONARDO
Stupide, ce n’est pas la femme qu’il faut voiler, mais l’homme qu’il faut éduquer. Le monde a besoin de beauté, de merveilles qui éveillent les sens, et non pas de ces horreurs qui les frustrent et les rendent aigris et tristes. Cessez d’amputer ce monde de ce qu’il a de plus beau, l’amour !
LE PRÊTRE
Décidément je crains que vous soyez une âme irrécupérable.
LEONARDO
Vous avez peur du plaisir d’amour que peut vous donner une femme, alors vous vous enfermez dans vos règles, ne comptez pas m’enfermer avec vous !
LE PRÊTRE
Pour l’instant vous l’êtes !
Le prêtre se retourna sèchement vers la porte et quitta la cellule en prenant bien soin de la refermer à double tour. Je me jetai contre elle en tambourinant du poing.
LEONARDO
Laissez moi sortir !
LE PRÊTRE
Oh le temps passe très vite vous vous y ferez.
LEONARDO
Je ne resterai pas une semaine dans cette prison mortelle. C’est à devenir fou.
LE PRÊTRE
D’autres ont bien tenu le coup.
LEONARDO
Je me fous des autres !
LE PRÊTRE
Vous allez vous habituer, je vous le garantis, Pensez à Dieu, priez, rapprochez vous de lui. Vous avez encore trop de révoltes en vous, Dieu n’entre pas dans le cœur d’un homme en colère. Vous devez vous purifiez et vous êtes là pour ça.
LEONARDO
Je n’en veux pas de votre Dieu lugubre. Ça sent la mort ici tout est sombre, rien que la vue des bonnes sœurs ça me rend triste. J’ai besoin de voir des femmes, des vraies, pas des femmes voilées de noir, sans féminité.
LE PRÊTRE
Une sœur se doit d’être voilée, c’est la règle. D’ailleurs toutes les femmes devraient l’être. C’est à cause de tout ça que votre monde devient fou, et qu’il sombre dans la fornication.
LEONARDO
Ne dites pas d’inepties, alors d’après vous le monde déconne parce que les femmes ne portent pas le voile.
LE PRÊTRE
C’est en partie à cause de ça…
LEONARDO
Et pourquoi doivent-elles être voilées ?
LE PRÊTRE
Parce que la femme est un être impur, elle ne peut pas s’exposer sans honte devant les autres.
LEONARDO
Alors Dieu se serait trompé, lui le parfait aurait créé un être impur, et de ce fait il aurait honte de sa créature au point qu’il faille cacher. vous faites confiance à ce Dieu qui se trompe ?
LE PRÊTRE
Jeune homme vous ne pouvez pas comprendre, vous ne nierez pas cependant que la femme est un objet de tentation pour les hommes, d’où l’importance du voile qui évite toutes les dérives de la chair.
LEONARDO
Stupide, ce n’est pas la femme qu’il faut voiler, mais l’homme qu’il faut éduquer. Le monde a besoin de beauté, de merveilles qui éveillent les sens, et non pas de ces horreurs qui les frustrent et les rendent aigris et tristes. Cessez d’amputer ce monde de ce qu’il a de plus beau, l’amour !
LE PRÊTRE
Décidément je crains que vous soyez une âme irrécupérable.
LEONARDO
Vous avez peur du plaisir d’amour que peut vous donner une femme, alors vous vous enfermez dans vos règles, ne comptez pas m’enfermer avec vous !
LE PRÊTRE
Pour l’instant vous l’êtes !
Le prêtre se retourna sèchement vers la porte et quitta la cellule en prenant bien soin de la refermer à double tour. Je me jetai contre elle en tambourinant du poing.
LEONARDO
Laissez moi sortir !
LA VOIX DU PRÊTRE
Pas avant que vous ne vous soyez repenti.
Je fus renvoyé au silence de ma cellule. Je regagnai ma couche et me résignai à mon isolement forcé. Je repensai à tout ce que j’avais vu dans ce monde de malédictions et d’horreur. Je me demandai comment l’homme pouvait être cela. Toutes ces violences et ces cruautés lui sont-elles inhérentes ou n’est-il qu’un être pris dans une machine infernale qui finira par le broyer. Mais quel est le pouvoir de l’amour et de la justice ? Tous ces morts pour quoi, et au nom de qui? Quel sens donner à toute cette sinistre comédie? Une chose m’apparaissait clairement, je me trouvais dans un monde sans amour.
J’en étais à ce constat quand j’entendis de nouveau une clé actionner le mécanisme de la serrure. Je me redressai et attendis. Une sœur se glissa rapidement dans ma cellule faisant bien attention de refermer la porte derrière elle. Elle semblait terrorisée. Elle me fit signe de ne pas faire de bruit en mettant son index devant sa bouche :
LA SŒUR
Je vous en supplie il ne faut surtout pas qu’on me voie ici. C’est moi qui vous ai parlé tout à l’heure derrière la porte, je suis sœur Angeline. J’ai besoin d’aide, je n’en peux plus monsieur, je n’en peux plus.
LEONARDO
Mais pourquoi moi ?
LA SŒUR
Parce que vous venez d’ailleurs et que vous seul pouvez me comprendre.
LEONARDO
Soyez plus claire
LA SŒUR
J’ai honte de vous dire tout ça, mais je n’ai personne à qui me confier, ici tout le monde est dangereux, tout le monde peut vous trahir. Vous ne connaissez rien de ce qui se passe ici, c’est pourquoi je peux vous le dire à vous, mais avant tout jurez moi de ne rien raconter à personne.
LEONARDO
Mais à qui voulez vous que je raconte, voyez donc où je suis.
LA SŒUR
Emmenez-moi avec vous, je vous en supplie.
LEONARDO
Expliquez-vous, qu’est-ce qui se passe ?
La sœur se dirigea vers le bureau et s’assit sur la chaise en me tournant le dos.
LA SŒUR
J’ai honte de vous dire ça.
LEONARDO
Parlez je vous écoute.
Pas avant que vous ne vous soyez repenti.
Je fus renvoyé au silence de ma cellule. Je regagnai ma couche et me résignai à mon isolement forcé. Je repensai à tout ce que j’avais vu dans ce monde de malédictions et d’horreur. Je me demandai comment l’homme pouvait être cela. Toutes ces violences et ces cruautés lui sont-elles inhérentes ou n’est-il qu’un être pris dans une machine infernale qui finira par le broyer. Mais quel est le pouvoir de l’amour et de la justice ? Tous ces morts pour quoi, et au nom de qui? Quel sens donner à toute cette sinistre comédie? Une chose m’apparaissait clairement, je me trouvais dans un monde sans amour.
J’en étais à ce constat quand j’entendis de nouveau une clé actionner le mécanisme de la serrure. Je me redressai et attendis. Une sœur se glissa rapidement dans ma cellule faisant bien attention de refermer la porte derrière elle. Elle semblait terrorisée. Elle me fit signe de ne pas faire de bruit en mettant son index devant sa bouche :
LA SŒUR
Je vous en supplie il ne faut surtout pas qu’on me voie ici. C’est moi qui vous ai parlé tout à l’heure derrière la porte, je suis sœur Angeline. J’ai besoin d’aide, je n’en peux plus monsieur, je n’en peux plus.
LEONARDO
Mais pourquoi moi ?
LA SŒUR
Parce que vous venez d’ailleurs et que vous seul pouvez me comprendre.
LEONARDO
Soyez plus claire
LA SŒUR
J’ai honte de vous dire tout ça, mais je n’ai personne à qui me confier, ici tout le monde est dangereux, tout le monde peut vous trahir. Vous ne connaissez rien de ce qui se passe ici, c’est pourquoi je peux vous le dire à vous, mais avant tout jurez moi de ne rien raconter à personne.
LEONARDO
Mais à qui voulez vous que je raconte, voyez donc où je suis.
LA SŒUR
Emmenez-moi avec vous, je vous en supplie.
LEONARDO
Expliquez-vous, qu’est-ce qui se passe ?
La sœur se dirigea vers le bureau et s’assit sur la chaise en me tournant le dos.
LA SŒUR
J’ai honte de vous dire ça.
LEONARDO
Parlez je vous écoute.
LA SŒUR
Croyez-moi quand j’ai prononcé mes vœux, ma foi seule me guidait et je croyais en la sainte église et en ses représentants. J’étais une âme vertueuse, je vous le jure, j’étais vertueuse et pure.
Croyez-moi quand j’ai prononcé mes vœux, ma foi seule me guidait et je croyais en la sainte église et en ses représentants. J’étais une âme vertueuse, je vous le jure, j’étais vertueuse et pure.
LEONARDO
Et aujourd’hui ?
LA SŒUR
Aujourd’hui je ne suis qu’une putain au service de ce prêtre qui vous a visité. Il me viole chaque soir ou presque et me menace si je parle. Que faire ? Au début il m’a expliqué que cela faisait partie d’une épreuve nécessaire par laquelle je devais passer pour comprendre la puissance d’attraction de la chair. Je ne voulais pas, je ne comprenais pas, mais il insistait, et puis comme c’était un prêtre, j’ai pensé qu’il savait ce qu’il faisait et je l’ai laissé faire. Rien que d’y repenser j’ai honte. Il a fini par me prendre, bien que non consentante. Il m’a violé. Oui maintenant je sais que c’était un viol. J’ai pleuré tout le temps qu’il m’a prise, je vous jure que je n’ai éprouvé que du dégoût et de la douleur pendant que lui prenait son plaisir. Lui, le serviteur du Christ que j’étais venu servir, comment a-t-il pu trahir son maître ?
Elle se mit à sangloter. Je voulus lui mettre la main sur l’épaule quand elle s’en aperçut.
LA SŒUR
Surtout ne me touchez pas, non pas vous.
LEONARDO
Ne craignez rien, je ne vous veux aucun mal.
LA SŒUR
C’est ce qu’il n’a cessé de me dire. Mais le mal il est fait, la foi je l’ai perdue, qu’on ne me parle plus jamais de Dieu. L’homme est une bête immonde. Il finira en poussière, nous ne sommes rien que de la poussière, cette vie n’a aucun sens, nous ne sommes rien je vous le dis, ce sont tous des menteurs, des faiseurs d’illusion qui n’attendent qu’une chose : se repaître de l’énergie de votre jeunesse avec ce vain espoir d’échapper au vieillissement de leur corps signe de leur inéluctable chute dans la mort.
Nous restâmes un court moment silencieux, puis elle se retourna et je vis enfin ses yeux qu’elle avait gardé baissés jusqu’à cet instant. Ils étaient d’un brun tirant sur le vert, c’était visiblement une belle femme. Elle essuya ses larmes et alla coller son oreille contre la porte de la cellule pour s’assurer que personne n’avait rien entendu. Elle se retourna soudainement et changea d’expression, son regard devint plus direct et son attitude plus assurée, c’était comme si elle était passée d’un personnage à un autre. Elle revint vers moi pour me remettre la clé dans ma main.
LEONARDO
Comment l’avez-vous eue ?
LA SŒUR
Toutes les clés sont faites en triple exemplaire, et je m’occupe de l’économat où j’ai la garde de l’armoire à clé. Comme vous voyez ça n’a pas été difficile. Je ne vous demande qu’une chose quand vous déciderez de vous enfuir, emmenez moi avec vous.
LEONARDO
Mais je ne sais pas si…
LA SŒUR
Vous avez peur ?
LEONARDO
Ce n’est pas ça mais…
LA SŒUR
Alors c’est quoi, vous ne voyez pas qu’ils vont vous garder ici enfermé de force, ils vous contraindront à leur pratique religieuse, à leurs prières obligatoires, leurs messes, à la flagellation pour expiation des péchés, ils vous voleront votre âme si vous restez ici. C’est une religion de la mort qu’ils pratiquent dans ce couvent, si vous voulez vivre, sauvez vous d’ici et emmenez moi.
LEONARDO
Mais je ne suis pas seul. Je dois rejoindre un ami, un docteur, et je ne suis pas sûr qu’il accepte votre présence. C’est quelqu’un de très rationnel et qui suit un but bien précis que j’ai du mal parfois à comprendre mais, il m’a beaucoup aidé jusqu’à présent et je sais que sans son aide dans ce foutu monde je suis perdu, en fait j’ai besoin de lui et je dois me plier à ses exigences.
LA SŒUR
Vous êtes sous son emprise. Vous n’êtes pas libre vous aussi, ils nous tiennent tous comme ça ces pervers, ils se rendent indispensable et ils vous font croire que sans eux vous êtes perdus puis ils vous possèdent et vous devenez leur chose. Je vous croyais plus libre, mais j’ai un esclave devant moi. Rendez-moi la clé.
LEONARDO
Mais…
Elle tendit la main.
LA SŒUR
La clé !
LEONARDO
Attendez, je n’ai pas dit que je ne vous emmène pas.
LA SŒUR
Oubliez tout ce que je vous ai raconté et rendez moi cette clé, finalement je crois que je préfère me débrouiller toute seule. Et si je dois y laisser ma peau, ça m’est égal, je suis déjà morte, de toutes façon. ils nous tueront tous.
Je lui tendis la clé qu’elle m’arracha des mains, elle se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit délicatement. Juste derrière se tenaient la supérieure et le prêtre qui saisit sœur Angeline par le bras avec brutalité, après lui avoir arraché la clé des mains.
LE PRETRE
Attends-moi dans ta cellule.
LA SŒUR
Pour y faire quoi ? Me violer une fois de plus ?
Elle reçut une gifle si violente du revers de la main de la supérieure qu’elle en tituba.
LA SUPERIEURE
Retourne dans ta cellule expier tes péchés.
Sœur Angeline s’en alla en criant :
LA SŒUR
Soyez maudits tous, vous et votre Dieu, soyez maudits !
Elle disparut. Je sentis que ça allait être ma fête. Je me préparais au pire. Ils entrèrent et refermèrent la porte derrière eux.
LE PRÊTRE
Bon maintenant à nous deux, qu’est-ce qu’elle est venue faire ?
LEONARDO
Rien, elle est juste passée me rendre visite.
LA SUPERIEURE
Nous attendons une réponse précise.
LEONARDO
Je vous dis qu’elle est venue me visiter.
LE PRÊTRE
De quoi vous a-t-elle entretenue ?
LEONARDO
Ben…de la règle.
LE PRÊTRE
Je vous déconseille fortement de vous moquer de moi.
LEONARDO
Je n’ai pas à vous dire ce qui a fait l’objet de notre entretien. Ce sont des histoires personnelles qui ne regardent que moi.
LA SUPERIEURE
C’est ce que nous verrons ! Savez-vous ce que ça fait quand on est privé de nourriture pendant plusieurs jours ? Eh bien vous allez pouvoir l’éprouver. Notre seigneur lui, a tenu pendant quarante jours dans le désert. Vous apprendrez à souffrir comme il a souffert pour nous.
LE PRÊTRE
En attendant méditez sur l’orgueil qui semble être votre trait principal.
LEONARDO
Allez-vous faire voir !
LE PRÊTRE
Et oubliez sœur Angeline, vous ne la reverrez plus jamais, vous m’avez bien entendu, plus jamais.
LEONARDO
Qu’allez-vous lui faire ?
LA SUPERIEURE
Appliquer la règle dans de telles circonstances.
LEONARDO
Et c’est quoi la règle dans ces circonstances ?
LE PRÊTRE
Elle a commis une faute des plus graves, non seulement elle s’est dévoilée devant vous, elle a désobéi, elle a blasphémé, elle a trahi son ordre.
LA SUPERIEURE
La règle veut qu’elle soit enfermée à vie dans la cellule des expiations. Nous prierons pour elle.
LEONARDO
C’est cela votre religion d’amour ?
LE PRÊTRE
Elle a prononcé des vœux qui l’ont lié à la règle elle a trahi toute la communauté. Elle est coupable devant Dieu.
LEONARDO
Pas devant Dieu mais devant votre putain de règle ! Ne mêlez pas Dieu à vos abominations.
LA SUPERIEURE
Vous êtes visiblement habité par Satan, vous êtes un être diabolique.
LEONARDO
Vous allez me condamner au bûcher ? Allez-y, je suppose que c’est la règle.
LA SUPERIEURE
Je crains fort que vous ne soyez soumis au régime expiatoire le plus élevé dans la graduation établie par la règle. Qu’en pensez-vous mon père ?
LE PRETRE
Je crois effectivement qu’il est bon qu’il comparaisse devant notre tribunal pour y être jugé. Pour commencer, aucune nourriture, qu’il apprenne à dominer ses appétits.
LA SUPERIEURE
Qu’il en soit ainsi.
Ils se retournèrent pour sortir quand je me précipitai pour m’enfuir. Le prêtre se retourna et avec violence m’asséna un coup dans l’estomac qui me coupa le souffle, je tombai à genoux cherchant à respirer. Puis il me redressa la tête en empoignant mes cheveux.
LE PRÊTRE
Tu ne sortiras pas vivant de ce couvent. Pas avant d’avoir vénéré notre sainte règle. Et tu apprendras qu’être prêtre ne veut pas dire forcément être faible et malingre. J’ai appris à me battre pour la bonne cause, je sais manier les armes aussi bien que la sainte bible, je suis un soldat du Christ, un vrai, prêt à combattre l’hérésie, à la dénicher là où elle se trouve. Et tu apprendras également qu’ici dans ce couvent, c’est moi qui dicte la règle.
Il se redressa en me lâchant et invita la sœur à quitter les lieux. Ils s’en allèrent me laissant accroupi par terre en train de reprendre péniblement mon souffle.
J’avais regagné ma couche épuisé, envahi par un sommeil lourd. Quand je me réveillai, Watson était à mes côtés, assis sur la chaise attenante au bureau, semblant attendre mon réveil. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Tout me semblait faire partie d’un horrible cauchemar.
LEONARDO
Que se passe t-il ?
WATSON
Tu reviens de loin.
LEONARDO
C'est-à-dire.
WATSON
Mon cher ami, tu as bien failli y laisser ta peau. Et là je n’aurai rien pu faire, qu’elle idée d’aller te mêler de leur histoire. Tu es ici dans un monde à part, et tu dois respecter les lois de ce monde. Mais tu es encore piégé par tes grands sentiments. Tu ne maîtrise rien, tu es réactionnel c’est tout ce que tu arrives à montrer. Tu as du chemin à faire petit. Encore heureux que j’ai l’œil partout, allez lève toi, on s’en va.
LEONARDO
Où ?
WATSON
Tu verras !
LEONARDO
Et la sœur Angeline ?
WATSON
Ne te mêles pas de ça, n’oublies pas, je te l’ai déjà dit, tu n’es pas ici pour prendre part mais simplement pour voir, voir, je ne suis pas sûr que tu comprennes bien ce que cela veut dire.
Je me levai après avoir rassemblé mes esprits et je suivis Watson qui avait emprunté le couloir menant à la salle d’accueil. Un silence de mort nous accompagnait, seul résonnait le bruit de nos pas. Personne ne se manifestait nulle part, ni prêtre, ni sœur supérieure, et encore moins sœur Angeline. Que s’était-il passé ? Le couvent n’était plus qu’un endroit vide.
LEONARDO
Où sont-ils ?
WATSON
En prière.
LEONARDO
Mais on n’entend rien. Pas même un chant d’oiseau.
WATSON
Jamais tu n’entendras chanter un seul oiseau dans ce lieu. Ils ont tous été massacrés, toute manifestation musicale quelle qu’elle soit est pour eux l’œuvre de Satan. Tout ici peut vous rendre coupable, c’est le signe d’une religion pervertie. La peur est la grande maîtresse de cet endroit dévotion.
LEONARDO
Mais alors pourquoi m’avoir remis entre leurs mains ?
WATSON
Tu poses trop de questions. Je te le redis une fois de plus, tu es ici pour voir. Peut-être devrais-tu te poser la question du comment.
La réponse de Watson me laissa perplexe. J’essayai d’intercepter le moindre signe de vie, mais en vain. Je ne pus m’empêcher de penser à la sœur Angeline et au sort qui lui était réservé. Je revis moment où elle reprit les clés de mes mains, cet instant où sa confiance en moi bascula. Je n’avais pas été à la hauteur, je m’étais confondu dans une attitude lâche. J’en éprouvai une sorte de honte. J’écartai de mon esprit toute tentative de justification. Je devais cette fois me regarder en face, j’avais manqué de courage en ne vivant pas l’instant présent que la sœur m'offrit. Peut-être cela l’aurait-elle sauvée? Une fois de plus je pris conscience que j'étais piégé par mon bavardage intérieur.
WATSON
pour l'instant tu ne peux rien faire d’autre.
LEONARDO
Qu’en savez-vous ?
Il ne répondit pas. Nous venions de franchir les portes du couvent. Le docteur nous dirigea vers une étroite ruelle aussi triste que les autres, où déambulaient quelques religieux en soutane. Tout cela me faisait penser à une ville cimetière peuplée de corbeaux.
Watson pénétra dans une sorte de petite chapelle vide au fond de laquelle on pouvait apercevoir la porte froide en acier d’un ascenseur. Il nous y mena droit devant et nous y pénétrâmes pour une descente au cinquième sous-sol.
Tout me pesait, je suivais mon guide tel un automate ; il me semblait que je n’avais plus goût à rien. Je n’avais plus qu’une hâte, celle d’en finir avec ce monde abominable. Mais je n’étais pas au bout de mes peines, de descente en descente j’allais découvrir la bête la plus immonde qui soit : l’homme!

pour l'instant tu ne peux rien faire d’autre.
LEONARDO
Qu’en savez-vous ?
Il ne répondit pas. Nous venions de franchir les portes du couvent. Le docteur nous dirigea vers une étroite ruelle aussi triste que les autres, où déambulaient quelques religieux en soutane. Tout cela me faisait penser à une ville cimetière peuplée de corbeaux.
Watson pénétra dans une sorte de petite chapelle vide au fond de laquelle on pouvait apercevoir la porte froide en acier d’un ascenseur. Il nous y mena droit devant et nous y pénétrâmes pour une descente au cinquième sous-sol.
Tout me pesait, je suivais mon guide tel un automate ; il me semblait que je n’avais plus goût à rien. Je n’avais plus qu’une hâte, celle d’en finir avec ce monde abominable. Mais je n’étais pas au bout de mes peines, de descente en descente j’allais découvrir la bête la plus immonde qui soit : l’homme!
