photo de Jean Durand - tous droits réservés

Chapitre 2

Aïcha et Adrien


Comme je sortais de l’immeuble, j’aperçus Watson qui m’attendait. A son regard j’eus l’impression qu’il savait ce que je venais de vivre. Il s’approcha de moi, posa une main sur mon épaule et m’invita à le suivre. Nous déambulâmes dans ces rues sales et saturées de bruits. Les images de l’adolescent occupaient mon esprit, je l’entendais encore me décrire son enfermement ; ce coup de feu puis le hurlement de la mère, toute cette violence s'était répandue dans ma tête pour en occuper chaque cellule. J’avançai tel un automate ; la vie que j’avalais dans cet air gras, avait un goût âcre, à l’image de certains dimanches d’ennui et de solitude, dans une chambre d’hôtel où l’on se pétrifie dans un anonymat mortel.
Les appels d’une jeune fille me ramenèrent dans la rue. J’essayai d’en deviner la provenance. En me retournant je vis sur le trottoir d’en face une jeune fille courir éperdument. Un jeune homme lui tenait la main. A l’instant où nos regards se croisèrent, j’eus le sentiment très clair qu’on s’était déjà rencontrés, ici, ailleurs… Une chose était certaine, leur histoire se reliait à la mienne. Ils décidèrent de nous rejoindre et prirent le risque de traverser la rue dangereuse. Ils y parvinrent et se plantèrent devant nous suppliants :

AÏCHA

S’il vous plait aidez nous.

ADRIEN

Il veut nous tuer

</